publicité

Apple : Début de la fin, ou nouveau départ ?


Business : Chaque nouveau départ succède à la fin d'un aventure. Après avoir publié une alerte sur ses résultats et fait état d'un faible taux de renouvellement des iPhone, Apple est-il en passe de modifier sa stratégie et de prendre un nouveau départ ?

 

Si l'avertissement d'Apple sur les résultats du premier trimestre vous a surpris, c'est que vous n'avez pas prêté attention aux signes. Bien sûr, c'est la première fois depuis 2002, et elle a chuté au tout début de la nouvelle année, mais ce revirement était déjà prévisible.

Au cours des deux derniers mois seulement, nous avons été avertis à maintes reprises que la forte demande pour le nouvel iPhone, à laquelle les investisseurs s'attendent, ne se concrétisait pas auprès des clients.

Apple est victime de son propre succès

Et si la décision d'Apple de ne plus discuter des chiffres de vente d'iPhone ne vous inquiétait, alors vous vous êtes voilé la face. Apple avait pour habitude de vanter ses ventes unitaires, et la seule raison logique de ne plus mettre l'accent sur les ventes c'était que celles-ci ne correspondaient plus au récit qu'Apple avait construit autour d'elles pendant une décennie.

Cela dit, le fait qu'Apple ait dû émettre un avertissement sur résultats deux mois après avoir publié des prévisions pour ce même trimestre illustre à quel point les choses peuvent rapidement changer.

Alors, passons à la question que tout le monde se pose. Apple est-il condamné ? La réponse est bien entendu non. L'entreprise roule sur l'or, et l'iPhone continuera à générer des revenus au-delà de l'imaginable.

D'accord, mais que s'est-il passé ?

Je pense que la réponse la plus évidente est qu'Apple est victime de son propre succès. La société a été en mesure de vendre des smartphones haut de gamme plus rapidement qu'elle ne peut les concevoir.

Dans la lettre aux investisseurs, le PDG d'Apple Tim Cook cite les problèmes de chaîne d'approvisionnement : "... nous savions que nous avions un nombre sans précédent de nouveaux produits à produire pendant le trimestre et nous avons prévu que des contraintes d'approvisionnement allaient affecter nos ventes pour certains produits au premier trimestre."

Comme je l'ai dit ailleurs, l'iPhone a été facile à vendre pour Apple (à tel point que l'entreprise a négligé ses autres produits et a donné la priorité aux iPhone coûteux par rapport aux modèles courants).

En substance, Apple a trait le marché de l'iPhone autant qu'il le pouvait. Je comprends pourquoi il n'y a pas eu de "next big thing" d'envergure. Cela ne constituerait guère plus qu'une distraction. L'iPhone, entre le volet matériel et iOS, est devenu un tel mastodonte que même Apple ne peut plus le contrôler (d'où les problèmes de chaîne logistique).

Je ne suis pas sûr qu'Apple puisse faire face à un autre gros problème en ce moment, et cela pourrait expliquer pourquoi ni l'iPad ni l'Apple Watch n'ont atteint les mêmes niveaux de grandeur.

Tim Cook un PDG intérimaire

Mais qu'est-ce qui attend Apple ?

C'est là que les choses deviennent intéressantes. Comme je l'ai déjà écrit ailleurs, je pense que ce coup d'arrêt d'Apple est finalement bon pour les acheteurs d'iPhone, de Mac et d'iPad. Cette situation permettra à Apple de se concentrer davantage sur les produits grand public et les prix, et moins sur la quête d'un prix toujours supérieur. Même si je ne m'attends pas à ce qu'Apple rende ses produits les plus coûteux abordables, j'anticipe un ajustement pour les prix plus courants.

J'imagine que le moment est peut-être bien choisi pour la "prochaine grande chose", quelle qu'elle soit.

Le PDG Cook y survivra-t-il ?

Une fois que la poussière se sera dissipée, il est probable que les investisseurs commenceront à pointer du doigt les coupables, et Tim Cook pourrait se retrouver en première ligne. Après tout, c'est la première fois en plus d'une décennie qu'Apple doit émettre un avertissement sur ses résultats. De plus, il est difficile d'oublier qu'en l'espace de 60 jours, les perspectives sont passées de bonnes à mauvaises.

Ajoutez à cela le fait qu'au même moment, Apple a décidé de mettre fin à la publication de ses ventes unitaires, une décision qui a bouleversé les analystes et les investisseurs.

La direction a-t-elle négligé quelque chose ? Quelqu'un a-t-il manqué de vigilance ? Selon la lettre aux investisseurs, " la plus grande partie de notre manque à gagner[Apple] par rapport à nos prévisions, et plus de 100 pour cent de la baisse de nos revenus mondiaux sur douze mois, s'est produite en Chine élargie sur iPhone, Mac et iPad." Le revirement a-t-il pu être si soudain ?

Et soyons honnêtes, même s'il est clair que le marché chinois s'est effondré pendant la période des Fêtes pour Apple, il est probable que cette question ne sera limitera pas à la Chine au cours des prochains trimestres.

Apple a avancé de nombreuses raisons pour justifier cette situation. Dans sa lettre aux investisseurs, Apple affirme que les performances de l'iPhone ont été affectées par "l'adaptation des consommateurs à un monde où les subventions des opérateurs sont moins élevées, les hausses de prix liées à la vigueur du dollar américain et le fait que certains clients profitent de prix nettement réduits pour remplacer les batteries de leur iPhone."

Tous ces facteurs sont valables, mais c'est à la direction d'Apple de s'en charger.

Je n'ai jamais caché voir en Tim Cook un PDG intérimaire. Plutôt que de prendre des risques, il a fait preuve de prudence, choisissant avant tout de tirer le maximum de l'héritage que le regretté Steve Jobs lui a laissé. Et en cela, il a fait du bon boulot.

Il n'y a aucun doute que sous la direction de Cook, Apple s'est considérablement développé, surtout en ce qui concerne les revenus des services, mais cela ne lui a pas permis de se libérer de sa dépendance vis-à-vis de la santé et du succès de l'iPhone et du marché des smartphones en général.

Il sera intéressant de voir si cela affecte négativement la confiance des investisseurs à l'égard de Cook, ou s'ils pensent qu'il est toujours la bonne personne pour diriger Apple.

Je savais que 2019 serait une année intéressante pour Apple - chaque année l'est -, mais cet avertissement sur résultats le deuxième jour de l'année garantit que l'année sera particulièrement prometteuse.

A lire aussi :

Recul de revenus pour Apple : 5 points clés pour comprendre

Avant même la publication de ses résultats financiers du premier trimestre, Apple a prévenu qu'il n'atteindrait pas son...

Articles relatifs

Contenus sponsorisés

Contenus partenaires

Réagissez à l'article

7 réponses
Connectez vous ou Enregistrez-vous pour rejoindre la discussion
    
  • Cook aurait dû écouter Macron "On verse un pognon de dingue à des pauvres qui restent toujours pauvres !".
    Outre le "story telling" sur lequel on peut dire énormément (tout et son contraire), la chose navrante c'est que la grenouille devenue bœuf est aussi devenue stérile, les revenus tiers liés aux usages sont eux aussi entrain de passer à la concurrence et même si en sous-main il y a des travaux sur un véhicule autonome/électrique Apple n'a plus rien dans son escarcelle pour faire vibrer le grand public.
    Scrooge a fait son temps il va laisser un porte-feuille rebondi mais une coquille entrepreneuriale vide.
      
    • La situation est grave ! Le marketing redoutable et si "chirurgical" et agressif à l'extrême des Apple, Samsung et consorts, incite les plus pauvres à s'endetter pour des smartphones de 800 à 1200 € : tout cela avec la complicité des FAI, et ces "crédits revolving", qui malgré la législation, continuent de prospérer avec la bénédiction des autorités. Macron veut une adfministration 2.0, dématérialiser et déshumaniser les services de l'Etat indispensables. Combien de personnes resteront sur le carreau. ? 10 à 15 millions de Français pourraient être affectés.
      Mon 1er Mac : le SE, puis le SE30 en 87. Le reste a suivi puis j'ai "quitté" Apple.
  • 
  • Il n’ y a plus beaucoup de clients nouveaux décidés à acheter un telephone à 1000€ et les iphone 6, 7,8 sont durables .
      
    • du moins tant qu'Apple ne fait pas de mise à jour d'IOs !?!
  • 
  • La bêtise aussi est durable.
  • 
  • Effectivement, qui peut se payer un téléphone à 1,500$.
    Ça n'a aucun sens!

    Les ordinateurs bas de gamme ont passé de 2,500$ à moins de 400$ entre 1990 et maintenant.
  • 
  • Ça laisse dans l'expectative. Espérons en effet qu'Apple se concentre sur ses ordinateurs et sur l'iPad.
    Bravo à Apple.
    l'iPod à été une réussite bien plus conviviale, durable et attractif que ses concurrents.
    L'iPhone à été un coup de maître bien en avance sur les autres constructeurs.
    L'ipad une révolution à l'heure où Microsoft ne voyait pas l’intérêt du multimédia sur une tablette (j'ai eu 3 tablet PC avant que l'iPad ne sorte).
    L'app store une idée de génie et une formidable cash-mashine.
    Leur avance et leur maitrise de l’écho-système autour de leur produit leur à donné un avantage et un rapport de force favorable. Par ailleurs ils ont aussi réussi à mettre de la "hype" dans leur production leur permettant de les vendre plus cher et à un publique qui n'en aurait pas eu forcement besoin techniquement.

    Bravo.

    Maintenant qu'ils réfléchissent bien parce que ils n'ont plus aucun rapport de force et ont est bien plus susceptible de trouver aussi bien ailleurs pour bien moins cher.
    Donc si ils n'ont rien qui fasse réellement la différence ils va falloir qu'il change d'attitude et qu'ils arrêtent leurs agressions.

    La batterie collé de l'iphone est une agression. La mémoire limité et vendu à prix d'or est une agression. Les composants soudés sont une agression. Le prix du Mac pro est une putain d'agression (désolé pour l’expression). L’incertitude sur le suivit de leur logiciels (Logic ou Final cut par exemple) est une agression. Les Macbook avec une seul sortie USB-C et des accessoires hors de prix est une agression.

    Peut être que le respect du client pourrait être leur nouvelle stratégie en attendant la nouvelle idée géniale qui s'imposera à nous au prix de leur choix.
publicité