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Cloud et transfo numérique : les bons placements de la Société Générale


Cloud Computing : Cloud privé, hybride et public, la Société Générale appuie résolument sa transformation numérique et sa plateformisation sur le Cloud. Aujourd'hui, 60% de l'infrastructure de la banque est dans le cloud. En 2020, ce sera 80%.

 

Les bons placements, les banques en raffolent. Et indubitablement, le cloud computing en est un pour la Société Générale, soucieuse de se présenter comme un champion de la transformation numérique. Ses efforts ont d'ailleurs été récompensés cette année par la première place du classement eCAC40, rien de moins que le trophée de champion de la transformation numérique pour le CAC 40.

Mais attention, pour le directeur de l'infrastructure de la Société Générale, Carlos Goncalves, "cette transformations digitale, ce n'est pas des coups d'annonce, mais beaucoup d'investissements." Et si l'IT est "nécessaire", ce n'est cependant pas "le seul levier pour que la transformation du groupe puisse se faire."

"La transformation ne s'arrêtera pas"

Quant à l'infrastructure, elle est, dans le domaine de l'IT, "la base sur laquelle les métiers et l'IT peuvent créer et innover." Or à la Société Générale, l'infrastructure est essentielle. Reposent sur celle-ci le poste de travail des salariés et l'hébergement des applications. Pour offrir résilience et agilité, la banque s'est engagée depuis plusieurs années à présent dans la construction d'une infrastructure cloud.

Ainsi, en 2014, seulement 2% de l'infrastructure était dans le cloud (IaaS privé). Aujourd'hui, cette part atteint 60%. Et l'objectif est de grimper à 80% d'ici deux ans, ce en faisant usage des différentes variantes du cloud, dont le cloud public d'AWS et d'Azure, qui n'est semble-t-il plus un tabou dans le secteur bancaire.

La banque n'a cependant pas attendu le cloud pour proposer des services en ligne. La Société Générale est par exemple propriétaire de la première banque en ligne française, Boursorama. Mais à quoi bon donc faire du cloud, qui n'est en outre pas le cœur de métier de l'entreprise ?

La réponse : le client. Pour Carlos Goncalves, le "driver" de cette transformation numérique, ce sont le client et ses attentes en termes de services numériques. La stratégie de la Société Générale vise donc à se doter de la "capacité de livrer de nouveaux services, à rendre l'expérience utilisateur fluide, anytime, anywhere, any device (…)"

Le cloud est indispensable à la mise en œuvre de cette stratégie. Cette architecture présente un autre avantage auquel un acteur de la finance ne peut être que sensible : le coût. "Le cloud est un élément fondamental dans notre capacité à maîtriser nos coûts" souligne le directeur de l'infrastructure.

Mais le véritable bénéfice du cloud, c'est qu'il "libère les énergies. J'ai une idée, il est possible de la tester rapidement. Le cloud introduit de l'agilité dans les organisations et alimente leur capacité à innover très vite, parce que la puissance est disponible."

 

5% de cloud public aujourd'hui, 20 à 30% en 2020

Concrètement, la direction de l'infrastructure développe donc une plateforme cloud et des API à destination de ses métiers et de ses clients, mais l'ouvre aussi de tiers, et notamment des startups. La finalité : agréger et construire de nouveaux services pour ses clients.

"Nous avons une volonté claire d'exposer toujours plus nos services vis-à-vis de l'extérieur. Cela ne signifie pas que nous allons développer tous les services. Exposer des services bancaires à nos clients oui, mais il s'agit aussi d'observer l'écosystème pour intégrer des tiers qui ont la capacité de se brancher sur notre propre plateforme" précise Carlos Goncalves pour illustrer la démarche de plateformisation de la banque.

Dans ce cadre, la Société Générale prend le chemin du cloud hybride, avec à terme une part du cloud public située entre 20 et 30% - le reste étant assuré par du cloud privé. Et pour soutenir sa stratégie cloud, la société a mis en place en 2015 une politique de cloud par défaut pour toutes les nouvelles applications. C'est à cette même période qu'elle a commencé à examiner la compatibilité réglementaire des offres de cloud public.

L'utilisation de ces offres est en effet contrainte par la régulation, qui impose notamment aux banques des obligations en termes d'audit de sécurité et de réversibilité des données. Ces contraintes réglementaires n'ont cependant pas empêché la Société Générale de signer des contrats en 2016 avec Microsoft et AWS.

En 2018, si le cloud représente 60% de l'infrastructure de la banque, le cloud public compte pour environ 5%. "Cela reste encore limité. Nous y allons de manière assez progressive, avec beaucoup de validations" justifie-t-elle.

Les prestataires de cloud public sont donc des prestataires de la Société Générale, mais aussi des sources d'inspiration pour la création de sa propre plateforme. Et le principe qui s'applique est celui de la standardisation. "Je mutualise et je définis des briques de base et tout le monde utilise les mêmes."

 

Une plateforme pour construire des services et innover

Le résultat, c'est une plateforme modulaire et "entièrement automatisée, avec des interfaces programmables, qui s'appuie sur l'intégration de plusieurs cloud" résume son responsable adjoint, Pierre Haslee.

L'ambition de la banque est de proposer "une expérience uniforme et simple pour consommer l'ensemble des ressources d'infrastructure." Cela passe par l'utilisation de briques de service communes, par exemple pour la facturation, l'authentification et le monitoring, mais aussi par le recours à l'open source et à des standards de marché ouverts pour des questions d'interopérabilité.

Enfin, cette plateforme se veut hybride, c'est-à-dire intégrant un volet de cloud public, "très important pour aller chercher de l'innovation et aussi passer à l'échelle (…) Avec cette plateforme hybride, nous allons créer une fondation très importante pour permettre à la banque de devenir plus agile, soit la promesse à grande échelle de ce fameux time-to-market réduit et d'une innovation accrue."

Des premières briques ont donc été ajoutées à la plateforme. Pour "aller plus vite", la banque regarde donc du côté du cloud public, mais elle compte aussi sur son propre framework d'intégration.

Celui-ci permettra à "tout le monde de créer un service. Nous ne serons pas capables de créer tous les services. Nous n'avons pas cette ambition." Ce framework s'adresse donc aux équipes de la Société Générale, mais aussi à des écosystèmes externes : fournisseurs, startups, etc.

Mais passer d'une infrastructure traditionnelle à une infrastructure programmable suppose d'acquérir différentes compétences, notamment en matière de développement, et des méthodes (agile, DevOps…).

La Société Générale a ainsi composé des équipes agiles d'une dizaine de personnes chacune, des "feature teams". A aussi été mis en place un "hub cloud" réunissant tous les développeurs de l'entreprise intéressés par le cloud. Cet espace permet de réaliser des démos et des ateliers pour accompagner les développeurs dans l'appropriation des technologies cloud.

Contribuent également à la diffusion du cloud et à son adoption à l'échelle de la Société Générale des "cloud captains", dont le rôle est de "vulgariser, diffuser le cloud au sein de l'entreprise" auprès des développeurs, mais aussi des dirigeants, précise Pierre Haslee.

Cloud, infrastructure, DevOps ne sont pas une fin en soi. S'il "faut penser plateforme" et "connexion avec le monde extérieur", comme insiste Carlos Goncalves, c'est afin de gagner en agilité et s'adapter rapidement au marché et à la demande des clients.

"On ne fait pas de l'infrastructure pour faire de l'infrastructure. On est la Société Générale. On est une banque. Ce qui importe, c'est notre capacité à mettre ce modèle cloud/DevOps à disposition de la filière IT, c'est-à-dire l'ensemble des DSI du groupe pour que eux construisent et innovent pour les clients."

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