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Combien de temps allons-nous encore continuer d'être les chiens des GAFA ?


Avis d'expert : Une amende de 560.000 euros (£500.000). Voilà finalement ce que les autorités britanniques ont décidé d’infliger à Facebook suite au scandale Cambridge Analytica...

560.000 euros (£500.000). Voilà finalement ce que l’Information Commissioner’s Office a décidé d’infliger à Facebook suite au scandale Cambridge Analytica.

Chaque heure, Facebook gagne environ 2,3 millions de dollars de revenu net. Chaque jour qui passe, l’entreprise de Mark Zuckerberg génére 56 millions de dollars de revenus net. Chaque trimestre, elle en engrange environ 5,1 milliards.

Cette semaine, l’ICO (l’Information Commissioner’s Office) a décidé d’infliger à Facebook une amende de 500.000 livres Sterling dans le cadre sur scandale Cambridge Analytica. N’en voulons pas à l’ICO, il s’agit de l’amende maximale pour une infraction commise avant mai 2018, date d’entrée en vigueur de la RGPD. Reste que la somme est ridiculement petite au regard de l’infraction commise et surtout, au regard des bénéfices réalisés par la société.

Personne n’est mort suite au scandale Cambridge Analytica. Des millions de profils ont vu leurs données s’envoler dans la nature, mais personne n’est mort. Pas directement du moins.
Un peu comme VolksWagen avec le “Dieselgate”. Personne n’est mort directement.

Mais dans ce cas précis, les sommes font beaucoup plus mal. Rien qu’aux États-Unis, le constructeur allemand s’est dirigé vers un compromis de l’ordre de 15 milliards de dollars pour éviter une sanction plus lourde dictée par le Departement Of Justice.

Le parallèle est peut être hasardeux, puisque la triche de VolksWagen aura probablement pour conséquence de véritablement réduire l’espérence de vie de certaines personnes, là où le scandale Cambridge Analytica n’aura à priori aucune conséquence sanitaire. Mais en tout état de cause, l’amende aura bien plus de portée.

Dans le cas du scandale Cambridge Analytica, l’amende infligée à Facebook correspond donc à environ un quart d’heure d’activité. Ridicule.

Maintenant que la RGPD est en place, la donne peut potentiellement changer. Ainsi, dans sa forme la plus repressive, la RGPD prévoit une sanction de 20 millions ou 4% du chiffre d’affaire mondial de l’entreprise. C’est la somme la plus élevée qui sera retenue pour le montant de la sanction.

Dans le cas de Facebook, 20 millions d’euros équivaut à peu près à l’activité d’une demie-journée. Par contre, 4% du chiffre d’affaire mondial, voilà qui commence à faire mal...

C’est bien là tout le sujet. Faire mal aux GAFA. Non par plaisir économico-sadique, ou idéologie anti-capitaliste, mais pour sanctionner de la manière la plus juste possible des entreprises qui, en plus d’être devenues des champions de l’optimisation fiscale, engrangent des fortunes de l’ordre du PIB d’un état...

Les réseaux sociaux sont allés trop loin dans leur laxisme et leur intrusion. Les utilisateurs sont allés trop loin dans leur dépendance aux réseaux sociaux. Et que dire des annonceurs qui ont pu profiter d’un système sans précédent pour atteindre leurs audiences ?

L’heure est venue de prendre du recul sur le rapport de force. Êtes-vous le chien des GAFA ? Pouvez-vous vous en passer ? Qu’êtes-vous prêt à leur donner, et en échange de quel service ? Autant de questions pour nourrir une réflexion de fond sur ce qui va structurer l’Internet des 10 prochaines années...

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Benoit Darcy

A propos de Benoit Darcy

Ex-journaliste, aujourd’hui eMarketer & Bizdev dans le secteur de l’entertainment. Un goût prononcé pour l'entrepreneuriat, le design produit, l'innovation, les startups, et... San Francisco. Suivez-moi sur twitter.com/zdar ou facebook.com/benoitdarcy

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12 réponses
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  • Réponse évidente à la question : aussi longtemps que nous resterons dans une UE corrompue jusqu'à la moelle, qui nous vend chaque jour un peu plus aux GAFAM (oublier le M de GAFAM est totalement impardonnable sur cet article, microsoft étant historiquement le premier envahisseur, et restant l'un des plus actifs lobbyistes).
    Face aux britanniques qui reprennent leur souveraineté, le vrai problème est qu'il y a beaucoup de gens en France qui refusent les débats sur la question et les évidences logiques, quant ils ne participent pas ouvertement à la censure de ceux qui dénoncent la dictature européenne depuis 11 ans, et qui démontrent que le parlement européen n'est plus qu'une farce grossière de démocratie, le "conseil des sinistres" ayant toujours le dernier mot, et choisissant systématiquement le camp industriel au détriment des peuples.
    Enfin si les gens n'achetaient pas n'importe quoi, et se renseignaient un peu plus, au lieu de céder à l'achat impulsif dès qu'ils mettent les pieds dans un magasin, ce serait déjà un bon début. Mais là encore, les français adorent qu'on les prennent pour des veaux, et ont de toute évidence encore trop d'argent pour faire fonctionner leur cerveau, et raisonner en collectif.
    Bref, il y a un problème d'abord politique parce que les banquiers qui ont créé l'UE ne veulent surtout pas que les gens sachent. Ensuite un problème des gens eux-mêmes que les médias et syndicats manipulent sans relâche, en incitant l'idiot du village à taper sur l'élysée, qui ne fait toujours qu'exécuter ce qui se décide à Bruxelles via les GOPÉ annuelles.
    Le problème des GAFAM est une illustration cinglante parmi bien d'autres que l'UE est un échec monumental, et que le Frexit est finalement la seule solution pour arrêter le massacre - s'il n'est pas déjà trop tard.
      
    • non, pas GAFAM, GAFAML
    • 
    • Hansi dans une enième tentative de réécriture de l'Histoire ! On pourrait commencer par rappeler à Hansi que la campagne du Brexit s'est déroulée sur fond d'outrances de la part de leurs partisans à des fins de politique nationale, et qu'elle était faite de démagogie et de violence (Meurtre de Jo Cox). Farage avait d'ailleurs reconnu qu'il avait intentionnellement menti aux électeurs sur ce coûtait réellement l'Europe au Royaume-uni en terme de contribution tout en omettant de parler de ce que cela rapportait.

      Démagogie et national-populisme (Je préfère cette expression à souverainisme) dans la mesure où il y a eu des mensonges effarants de Farage (On rappelle qu'il est un contributeur du site Breitbart News de Steve Bannon), une totale impréparation sur fond de rivalités au sein du parti conservateur entre Cameron et Johnson.

      La campagne du Brexit menée par les différents leaders favorables au Leave n'a servi que de tribune leur assurant une éphémère visibilité au plan national car il est tout de même bon de rappeler que tous ces leaders, qui n'avaient pas imaginé que le Leave l'emporte, se sont ensuite défilés pour ne pas avoir à gérer ce qu'ils avaient engendré.

      Pour en venir, au sujet de l'article, bien évidemment, la somme payée par Facebook est ridicule mais elle s'appuie sur la loi. En droit, une loi ne peut être rétroactive (A l'exception du crime contre l'Humanité) et la loi qui s'est appliquée dans ce cas était clairement obsolète. La loi ne peut anticiper les évolutions technologiques ou sociétales, on sait ce qui en est de la prospective (On rappellera à Hansi qu'il voyait la fin de Microsoft il y a une dizaine d'années de cela) et c'est l'objet des règlementations qui se mettent en place a posteriori de s'adapter aux transformations réelles qui s'opèrent. Ce que fait l'Europe de manière concertée, avec des difficultés, certes mais ce serait bien pire s'il s'établissait de nouveau une concurrence entre les Etats car, en règle générale, la concurrence en matière sociale, fiscale et environnementale se fait par le bas.
  • 
  • Je ne mène pas de bataille contre Linux, Shooby, ni contre aucun OS. Je privilégie la liberté pour les individus, et les besoins pour les organisations.
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  • "Combien de temps allons-nous encore continuer d'être les chiens des GAFA ? "
    (il manque le M de GAFAM mais passons)

    Si dans la question le "nous" désigne "Les états", on peut déjà remarquer qu'ils sont représentés par des politiques. Ceux-ci sont élus par des citoyens qui sont eux-mêmes, dans leur immense majorité, ignorants des contreparties à l'utilisation qu'ils estiment "gratuite" des GAFAM. L'état ne fait, ne suit, que si les consommateurs modifient leurs habitudes (oui j'ai volontairement évité le mot "électeur" et l'ai remplacé sciemment par "consommateur").

    Le citoyen et l'informatique c'est essentiellement de la consommation mais de la consommation où le consommateur ne comprend pas vraiment comment le marchand gagne de l'argent, ne connaît pas d'alternatives et n'a aucune idée des conséquences induites par sa consommation de produits (il ignore ce qu'on collecte sur lui, à quoi ça a servi, à quoi ça sert et encore moins à quoi ça va servir avec l'arrivée de l'IA).

    Cela dit, le citoyen consommateur a des excuses:

    1) Il n'a reçu aucune formation à l'informatique. Pire, il se pense compétent dès qu'il a compris comment on utilise quelques outils (comme si l'agriculteur savait ce que font vraiment les pesticides dès lors qu'il sait les pulvériser)

    2) La prise de conscience de tout cela est difficile car les conséquences ne sont jamais explicites ou individuellement ciblées. Elles sont diffuses et collectives (FB ne s'attaque jamais à monsieur X: il collecte sur tout le monde et manipule globalement (cf le scandale C.Analytica)). On se dit qu'on n'a rien à cacher, qu'on sait faire le tri des infos, et qu'au pire on sait reconnaître la manipulation quand elle existe. Ce qui est évidemment faux malheureusement.

    Les citoyens comprendront à quelle sauce ils sont mangés par les GAFAM quand ils auront droit à une éducation à l'informatique (j'ai pas dit "apprendre à utiliser les outils" car ça, les enfants le font d'eux mêmes dès le plus jeune sans aucune formation). Non j'ai bien parlé d'une "éducation" à l'informatique générale. Sans cette éducation, on est un consommateur ignorant, mais ravi, du progrès. On n'a, en ce sens, aucune liberté de choix ce qui pourrait un peu justifier l'emploi (exagéré à mon avis) du mot "chiens" dans le titre.

    Le problème est donc éducatif. Et là on se dit qu'il faudrait que l'État s'occupe urgemment de ce secteur (projet éducatif global et moyens ou redistribution de moyens) mais j'ai bien l'impression que rien ne va dans ce sens (merci Mounir au passage).

    Donc à la question "Combien de temps allons-nous encore continuer d'être les chiens des GAFA[M] ? " : réponse : si rien n'est fait sur le plan éducation, aussi longtemps que leur modèle économique sera rentable.
  • 
  • @yatus
    1 ) Pas mal la métaphore des pesticides.
    2 ) Parler de modèle économique est obsolète de mon point de vue. Aujourd'hui, les GAFAM tirent les tuyaux du net et prennent la main sur la partie "physique" du web. Ces gens ont désormais un pouvoir politique réel, avec un contrôle total sur l'information supérieur à tous les pays, renseignements US compris. Leur conception est simple : pour paraphraser un vieux démago narcissique, "L'internet, c'est moi". Donc s'attendre à une baisse de leur modèle économique me paraît bien hasardeux. Seul un boycott continu et populaire pourrait remettre les pendules à l'heure. Mais comme vous l'avez bien souligné, les gens ne sont pas éduqués, et beaucoup ne veulent pas savoir. On a aujourd'hui une génération de gamins qui passent leur temps à jouer sur internet et mater des films, en s'échangeant des photos débiles. Avec le temps, certains prendront sûrement conscience du monde réel, mais d'ici là, combien d'emplois auront disparu ? Aurons-nous encore une sécu ou une retraite quand on aura fini de vendre notre pays et nos industries aux banquiers de l'UE et de Washington ? En tout cas il sera intéressant de voir l'évolution informatique chez nos voisins britanniques, qui avaient déjà adopté les formats de LibreOffice en 2016, un an avant le Brexit, et qui recouvreront à nouveau leur pleine et entière souveraineté dans quelques mois; quand l'évasion fiscale des GAFAM et la corruption européenne continueront de nous ruiner.

    @cmachin
    Vous me pardonnerez de ne point lire votre prose, ayant autre chose à faire qu'à nourrir les trolls de forum de votre espèce. Très cordialement.
      
    • Ce sont des faits, mon bon Hansi, non de la prose.

      Vous faites partie de ces opportunistes qui instrumentalisent la peur à des fins partisanes, idéologiques et personnelles, comme l'ont fait Farage et Johnson avant de se débiner piteusement face au gâchis dont ils étaient les principaux responsables. Vous profitez également du vide politique soigneusement entretenu par les les partisans du "ni droite, ni gauche", du "parler vrai" contre la "bien-pensance des élites" qui, comme vous, ont tout intérêt à effacer les clivages politiques traditionnels. Votre carburant, c'est la peur et l'ignorance.

      Sur bien des points liés aux nouvelles technologies, l'Europe n'a pas à rougir de l'action qu'elle mène face à Google ou Facebook dont le fond de commerce est quasi exclusivement le commerce des données. Sans l'Europe, ce serait encore pire mais sans doute est-ce cela que vous souhaitez afin de pouvoir continuer de nous abreuver d'une propagande réactionnaire et mensongère sans avoir à en rendre compte ? Un moindre mal, en somme.

      Je précise au passage, ne voulant pas vous donner l'opportunité d'en faire la remarque, que je connais, bien entendu, le programme de l'UPR et que je connais également votre présence sur ces réseaux sociaux que vous faites mine de dénoncer avec d'autres sans avouer qu'ils sont pour vous un formidable outil de "réinformation", comme vous dites. Dans les faits, c'est donc de votre part une belle imposture.
  • 
  • @cfreund : Si vous voulez parler des faits, alors parlez de *tous* les faits, et pas juste de ceux (souvent partiel, déformés et habilement réinterprétés) que les médias aux ordres jettent à la populace pour servir la propagande du pouvoir. L'imposture, c'est l'UE, et toute l'histoire de sa construction et celles des pays qui y sont soumis le prouvent.

    Le mensonge, la peur et l'ignorance, ce sont plutôt le carburant de cette institution dictatoriale et mortifère que vous défendez. Il faut vraiment être aveugle ou malhonnête pour refuser de constater ses compromissions et les dégâts irréparable qu'elle a déjà causée à notre pays (notamment) et à notre nation qu'elle méprise et qu'elle s'évertue à anéantir. Il est inconcevable de pouvoir penser que « sans l'Europe, ce serait pire » alors qu'on tire régulièrement, et dans tous les domaines, des bilans qui prouvent le contraire.

    Cela dit, c'est quand même votre manque de discernement régulièrement étalé dans les commentaires de ce site qui a fait votre réputation.
  • 
  • Wahou, voilà que tombent les masques ! Décidément, il fait de plus en plus frisquet ces derniers temps, et les bêtes affamées sortent des bois.

    A priori, nous ne serons pas du même côté des miradors (Et ça me fera une belle jambe mais l'honneur sera sauf) si d'aventure...
  • 
  • Les entreprises et les monopoles se sont payés nos gouvernements depuis plusieurs décennies.
    Pas surprenant que les pénalités aux compagnies ne soient pratiquement rien, comparé à leur chiffre d'affaire.
  • 
  • Microsoft ne fait pas partie des GAFAx il n'a jamais été question de GAFAM. Par contre aujourd'hui ce sigle est bel et bien GAFAN pour Netflix.
      
    • Complétement faux... il y a le GAFAM (avec Microsoft qui est d'ailleurs celui qui a le cash flow le plus important derrière Apple...) et les NATU (ou Netflix est incorporé)
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